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rées d’un magnifique cortège de plusieurs lunes, la Terre n’estqu’un tout petit globe, dont on pourrait faire le tour en sixsemaines, s’il y avait partout des chemins de fer et des paque-bots bien organisés. Voilà la planète que Ptolémée choisit pouren faire le pivot de notre monde! Il admet que la Terre , immo-bile, occupe le centre de notre système planétaire, et que lesmouvements de tous les autres corps célestes s’effectuent au-tour d’elle. Hipparque assurément n'était pas de cet avis, etc’est peut-être parce qu’il osa dire le contraire, que tous sesouvrages furent détruits!
Ptolémée suppose donc qu’autour de la Terre immobile,considérée comme centre, tournent, suivant cet ordre de dis-tances : la Lune , Mercure, Vénus , le Soleil , Mars, Jupiter etSaturne . Toutes les explications données par Ptolémée dumouvement des planètes sont fondées sur cette hypothèse.
Mais ce système, si contraire à la nature des choses, devaitprésenter bien des difficultés dans l’application pratique ; ildevait susciter, à chaque pas, des embarras pour l’explicationdu mouvement des grands corps célestes.
Le mouvement apparent des planètes par rapport à la Terre ,présenta à Ptolémée des difficultés qu’il ne parvint à éluder ouà surmonter qu’à l’aide de nouvelles hypothèses, extrêmementgênantes. Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne lui paru-rent marcher tantôt directement devant la Terre , tantôt s’ar-rêter, tantôt rétrograder. Comment expliquer tous ces mouve-ments? C’est alors qu’il lui fallut singulièrement compliquerun sytème si simple à première vue. C’est alors que cettethéorie, en apparence séduisante, vint misérablement échouerdans l’application. Ptolémée fut forcé d’admettre que chaqueplanète décrit individuellement un petit cercle dans l’espace, etqu’ensuite tous ces petits cercles, emportant chacun sa planète,décrivent eux-mêmes des cercles concentriques ou excentri-ques à la Terre . C’est par la combinaison du mouvement deces cercles autour de la Terre , qu’il explique les aspects suc-cessifs de chaque planète à l’égard de la Terre .
C’est en considérant cet écheveau astronomique, si difficile àdébrouiller, qu’Alphonse X , roi de Castille, surnommé Alphonsele Savant, s’écria un jour : « Si Dieu m’eût appelé à son conseillorsqu’il créa le monde, j’aurais pu lui donner quelques bons avis.»