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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES
Ce mot plaisant fut regardé comme une impiété, et faillitcoûter la couronne au monarque astronome. Mais la faute n’enétait qu’à Ptolémée , l’auteur mal inspiré de cet enchevêtrementscientifique.
Les contemporains et les commentateurs de Ptolémée avaientproclamé son système admirable, merveilleux, divin. Aussifut-il universellement accueilli. Il s’imposa pendant une longuesérie de siècles, modifié seulement, par intervalles, pour le plierà l’exigence, trop manifeste, des faits astronomiques. CombienPtolémée eût évité de difficultés et de fatigues à ses succes-seurs; combien il eût fait avancer l’astronomie, s’il eût eu lecourage et le bon esprit d’adopter le système des Chaldéens,celui de Pythagore , de Platon , d’Hipparque et d’Aristarque de Samos , que Kopernic n’eut qu’à ressusciter pour immorta-liser son nom !
Ptolémée adopta le mouvement des étoiles en longitude, dé-couvert par Hipparque . Il approcha moins de la vérité quen’avait fait Hipparque , parce qu’il supposa que ce mouvementn’est que d’un degré en cent ans. Cette erreur en produisit uneautre en sens inverse, dans la détermination de l’année.Ptolémée fit l'année tropique (365 jours 5 heures 55 minutes)trop longue de plus de 6 minutes.
Dans le calcul des éclipses, Ptolémée se montre observateurexact et bon géomètre; mais il ne fait guère que copier Hip parque , et il en convient, puisqu’il le cite constamment. Rela-tivement à d’autres parties de l’astronomie, il part quelquefoisdes observations faites par Hipparque , observations qu'il ditavoir vérifiées, et il obtient des résultats différents, sans doute,parce qu’il se trompe dans ses calculs. On lui a reproché, eneffet, beaucoup d’erreurs de calcul.
Mais arrivons à l’examen particulier du célèbre ouvrage quia pour titre : Syntaxe mathématique, ou Almageste .
Il est extrêmement difficile de distinguer, dans les détailsde Y Almageste, ce qui revient en propre à Ptolémée de ce quiappartient à ses prédécesseurs, dont quelques-uns étaient desastronomes plus habiles que lui. Il ne fit pas sans doute per-sonnellement beaucoup d'observations, mais il en dut fairequelques-unes de bonnes.
On lui reproche de ne s’être pas assez appliqué à transmettre