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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES

térieur, et le monde extérieur agit sur elle, par lintermédiairede divers appareils organiques, que les conditions de la plus sa-vante harmonie tiennent intimement unis entre eux, dans untout parfaitement un. Mais isolées de ces organes et considéréesindépendamment du monde extérieur, que sont, en elles-mêmes,les facultés de làme? Cest ce que nous ne saurons jamais.

Bossuet sentait parfaitement cette difficulté. Aussi commence-t-il son traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même parun résumé de la physiologie de lhomme. Pendant quil tra-vaillait à ce résumé, il allait, chaque jour, passer quelquesheures dans le cabinet de dissection de lanatomiste Duverney.Bossuet ne faisait que suivre, en cela, la méthode des anciens.

Lorsque Hippocrate , appelé par les habitants dAbdère , seprésenta chez Démocrite , quon supposait en état de démence,il le trouva, comme nous l'avons déjà raconté, disséquantdes cerveaux danimaux. Persuadé que, pour étudier les pro-cédés de lesprit, il faut dabord examiner les instrumentsqui paraissent liés à la manifestation de làme, et sonder lesmystères de la sensibilité en examinant les organes jjar lesquelselle sexerce, Démocrite cherchait à étudier la constitutionanatomique du cerveau, afin de remonter des effets à la cause.Nos philosophes modernes nont pas suivi cet exemple donnépar un sage de lantiquité. Ils sévertuent à étudier làme hu-maine sans autre moyen dobservation que lâme elle-même. Ilsferment les yeux au monde extérieur, et veulent connaître lapartie immatérielle de lhomme sans examiner ses élémentsorganiques. Ils ressemblent en cela, à un homme qui voudraitmarcher dans les ténèbres sans guide et sans flambeau.

On commet aussi une grande erreur en qualifiant de philo-sophes les hommes qui, dans lantiquité ou dans les tempsmodernes, se sont appliqués exclusivement à létude de la psj'-chologie, sans la rattachera aucune des sciences exactes ou na-turelles. Voir dans la psychologie toute la philosophie, cestcomme si lon prenait la géographie, la grammaire ou la géo-métrie pour la philosophie. La psychologie, chez les anciens,nétait quun des éléments, quune partie de la philosophie.

A ce point de vue, nous nhésitons pas à refuser le titre dephilosophes à ces descendants abâtardis des écoles grecques,qui divaguèrent dans les chaires dAlexandrie , après lastronome