ECOLE D’ALEXANDRIE
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Ptolémée et ses successeurs. Si l'on réfléchit à ce que les an-ciens entendaient par le nom de philosophie, on sentira quecet amas d’opinions vagues, d’hypothèses sans aucun lien avecle monde réel, ce vain échafaudage de raisonnements fondéssur des distinctions frivoles et d’idées abstraites mal détermi-nées, ce chaos, qui occupait les têtes des derniers Alexandrins,ne méritait en rien d’être comparé à la philosophie d’Aristote ,de Théophraste , ni même de Platon . Du temps d’Aristote , unepsychologie pure, entièrement isolée de la considération desorganes et du monde extérieur, enseignée par des hommesétrangers aux sciences naturelles et aux sciences physico-ma-thématiques, eût fait classer son auteur, non parmi les philo-sophes, mais au nombre des sophistes et des rêveurs. A Alexan drie même, depuis la fin du deuxième siècle de notre ère jusqu’àl'invasion des Arabes , on ne donna sérieusement le nom de^)/«-losophes qu’aux écrivains et aux professeurs qui avaient étudiéd’après la méthode encyclopédique des anciens.
Si nous cherchons à comprendre les prétendus principes dela philosophie attribuée par les élèves de M. Cousin à l'Ecoled’Alexandrie, nous y verrons la preuve de la vérité de notrecritique. Prenons, par exemple, YHistoire de l'École d'Alexan-drie par M. Vacherot, ouvrage en trois volumes, couronnépar l’Institut en 1845:
« Trois écoles orientales, dit 31. Vacherot, florissaicnt à Alexandrie au moment où Ammonius enseigna: la Gnose, l’école juive de Pliilon etl'école des Pères alexandrins (1). »
Qu'était-ce que la Gnose?
« La Gnose, dit 31. Vacherot, n’est point une doctrine, ni une sériede doctrines unilingues, qu’on puisse rapporter à tel maître ou à telleécole : c’est un ensemble de doctrines tort diverses, indépendantes pourla plupart les unes des autres, et qui se produisent presque simulta-nément dans les grands pays de l'Orient (2). »
Si un professeur de physique ou de géographie donnait depareilles définitions à ses élèves, serait-il assez bafoué !
Quel était l’enseignement d’Ammonius ?
« Le caractère général et le but de l’enseignement d’Ammonius or.t
(l i Tome II, p. 436.
[ 2 } Tome I, p. 204.
T. K
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