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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES
Un Alexandrin, qui mit en ordre les ouvrages de Plotin ,partagea son œuvre en six emnèades, et subdivisa chaque cnnéadeen neuf livres. La philosophie de Plotin y débute par \&psycho-logie, la morale, la physique, et finit par la théologie. Presquetout cela échappe à une analyse sérieuse.
« Les doctrines stoïciennes et péripatéticiennes se confondent dans lesprofondeurs de son système, dit M. Vacherot (1). Il résume dans sa doc-trine toute la métaphysique d’Aristote , en la combinant avec la dialecti-que de Platon .»
Les idées de Plotin nous font l’effet de celles de l’académiciendes Voyages de Gulliver, qui, pour faire, durant l’été, en pré-vision des jours froids, une provision de chaleur et de lumière,cherchait, depuis quarante ans, à mettre les rayons du soleil enbouteille !
Nous voilà sans doute suffisamment excusé de passer soussilence la longue série des prétendus philosophes dont lesélucubrations remplissent les trois volumes de XHistoire deVEcole d'Alexandrie de M. Yacherot. Nous renfermant dansnotre tâche, nous nous bornerons à signaler les quelques hommesqui, aux derniers temps de la grande Ecole égyptienne, alorssingulièrement déchue, se consacraient encore à l’étude de lanature.
Le nom de Proclus est cité parmi les mathématiciens et lesastronomes, parce que dans ses études il avait taché d’em-brasser l’ensemble des connaissances humaines, conformémentà la méthode des anciens. Les historiens disciples de M. Cousinclassent Proclus , non parmi les astronomes, les géomètres oules physiciens, mais parmi les théologiens :
« Parmi les ouvrages de Proclus qui nous sont parvenus, dit M. Jules Simon , les plus importants sont les Elénvnts de théologie, la Thèolujie selonPlaton , le Commentaire sur le Timce, et le Commentaire sur Parménide .
a Sa méthode est celle de Plotin : mais clic est, dans Plotin , plus libre,plus hardie; dans Proclus , plus régulière et plus savante, etc. q2). »
(1) Tome T, p. 3(>1.
[ 2 ) Tome II, p. 394.