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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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ECOLE DALEXANDRIE

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Plotin et sa doctrine remplissent près de la moitié du premiervolume de l'ouvrage de M. Yacherot.

« Quand Plotin avait médité, dit M. Vachcrot, la pensée jaillissait deson esprit avec line abondance et une force telles quil écrivait sa com-position tout dun trait, et semblait ne faire que transcrire dun livre cequil avait pensé. Il était beau, surtout quand il parlait. Alors lintelli-gence semblait séchapper des profondeurs de son âme, pour se réfléchirsur son visage, et lilluminer de ses divins rayons. Linspiration coulaitde son front comme une rosée céleste (1). »

Mais quel fruit retirait-ou de ses leçons? M. Yacherot va ledire, ou du moins le faire entendre :

« La pensée de Plotin est tantôt abstraite comme une théorie dAristote ,tantôt éclatante et animée comme un récit de Platon ; tour à tour sècheet surabondante, impétueuse et embarrassée; toujours forte, concise etsubstantielle. Son style est limage dosa pensée, obscur, difficile, incor-rect, hérissé de formules, mais éblouissant de métaphores, plein de vieet de mouvement (2). »

Aristote , Théophraste et Platon nauraient pas voulu êtreloués de cette manière.

C'est du même rêveur que M. Jules Simon écrit :

« Plotin rougissait d'avoir un corps (3). »

Il y a à Charenton des victimes du spiritisme et des tablestournantes, qui sexpriment de la même façon, et on ne lesqualifie pas du titre de philosophes !

Plotin avait beaucoup lu Platon . Passionné pour le plan desa République, il voulut, dit-on, le réaliser. Il proposa même,selon M. J. Simon, à lempereur Gordien de relever une an-cienne ville de la Campanie , de la nommer PIatonopolis , et dela peupler de philosophes (4). Il avait, dailleurs, étudié lastro-nomie, larithmétique, la géométrie, la musique, la mécanique.Il avait lu Aristote et ses commentateurs. Cétait un hommeinstruit, mais dont limagination, trop exaltée, finit par seperdre dans une métaphysique à outrance.

(1 ) Tome I, p. 362.

(2) Tome I, p. 364.

(3) Histoire de l'École dAlexandrie, 1.1, p. 207.(1; Ibidem, t. I, p. 208.