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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES

dIIypatie, et se dirigeait souvent daprès ses conseils. Ilvoulut réprimer le zèle trop ardent du patriarche Cyrille, quiinquiétait la belle philosophe, appui du paganisme dans Alexan­ drie .

Oreste ne craignit pas de prendre contre lévêque certainesmesures de précaution, que lon attribua à linfluence dHy-patie.

Le malheur voulut que, sur ces entrefaites, un certainHiéraj., qui tenait une école dans Alexandrie , et se trouvait àla tête du parti des chrétiens, vint à périr de mort violente.Ce meurtre était inexplicable. Mais les chrétiens répandirentle bruit quil avait été commis à linstigation dHypatie et dugouverneur. Habilement fomenté par lévêque, le mécontente-ment public devint une sédition. La multitude, ayant à sa têtele lecteur de lEglise dAlexandrie, nommé Pierre, et un groupede fanatiques, sameute contre la philosojihe. On se dirige entumulte vers sa demeure. Elle était sortie; mais les assassinslattendent à sa porte, sachant quelle doit bientôt revenir duMuséum. Hypatie , en effet, ne tarde pas à paraître, montéesur son char. On se précipite sur elle ; on la force de descendredu char, et on la traîne dans une église., ces furieux, aprèsl'avoir dépouillée de ses vêtements, lapidèrent la«malheureuseavec des débris de tuiles et de vases brisés;

La mort de cette femme illustre nassouvit pas la rage desassassins. Son corps fut coupé par morceaux, qui furent prome-nés dans les rues dAlexandrie , puis jetés au bûcher.

Cest au mois de mars de lan 415 après J. C., et sous lerègne de Théodose le Jeune, quarriva ce meutre odieux, doubledéshonneur pour le patriarche Cyrille et lEglise chrétiennedAlexandrie. La complicité de l'évêque nétait, en effet, miseen doute par personne. Limpunité qui suivit cet [événementsexplique par le relâchement de tous les liens de lordre socialexistant à cette époque.

Hypatie laissait un certain nombre douvrages, entre autresun Commentaire, sur les travaux du mathématicien Diophante ,un Commentaire sur les Sections coniques d'Apollonius et unCanon astronomique.

Le meurtre dHypatie , qui caractérise à la fois et les mœursde la multitude et lardente passion dont les sectes étaient ani-