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ÉCOLE D’ALEXANDRIE
seurs du Muséum, les principes des autres sciences. Elle goûtaitsurtout la philosophie de Platon , et lui sacrifiait Aristote ; cequi veut dire qu’elle ne pouvait se soustraire à l'atmosphère duspiritualisme mystique qui l’entourait. Voulant accroître sesconnaissances par les voyages, elle se rendit et séjourna àAthènes , oii l'enseignement public jetait encore certaineslueurs.
Ilvpatie rentra en Égypte , enrichie de vastes connaissances.Les professeurs du Muséum et les magistrats d’Alexandrie l’engagèrent à faire des cours publics, et l’on vit une femmes’asseoir dans l’une de ces chaires où tant de grands hommesétaient montés.
C’était pour la première fois qu’on assistait à un tel spectacle.Grâce à cette nouveauté, grâce à l’éclat et à la solidité de sonenseignement, Hypatie attirait à ses leçons un concours im-mense. Si bien que, tout d'une voix, les professeurs lui accor-dèrent la chaire de philosophie qui avait été occupée parPlotin .
L'historien Socrate a fait connaître l'ordre et la nature desleçons d’Hypatie . Elle commençait par enseigner les mathé-matiques ; elle passait ensuite aux applications des mathé-matiques et aux différentes sciences dont la réunion composaitla philosophie ancienne.
A une véritable éloquence, cette femme d’élite joignait unescience profonde, et à la vertu la plus pure, la plus touchantebeauté. Toujours vêtue simplement, elle aimait à s’envelopperd’un ample manteau, à la manière des philosophes. Elle épousale savant Isidore. Sa conduite fut toujours à l'abri de toutsoupçon. Elle savait contenir dans les bornes du respect, deshommages qui ne s’adressaient pas seulement à son géniescientifique.
Tant de hautes facultés, un si rare mérite, excitèrent la ja-lousie de son entourage philosophique. Hypatie était païenne;mais le paganisme, depuis longtemps poursuivi à outrance,et près d’expirer, ne comptait à Alexandrie qu’une minoritépersécutée, qui cherchait un refuge et un appui auprès de lasavante Hypatie . De là une lutte entre le patriarche d’Alexan-drie, Cyrille, et les partisans de cette femme illustre.
Le gouverneur d’Alexandrie, Oreste, admirait les talents