XIV Conseils a l’Auteur
lé dixhuitième siécle le siécle de Voltai-re, comme on appelle aujourdhui celuid’Auguste le siécle de Varron, suivantvotre fine & judicieuse remarque: L’u-nivers doit cet hommage à la supériori-té de vos talens, à Timmensité de vosconnoiflances, & encore plus à la bontéde votre cœur, à la délicatesse de votreprobité, à cette humanité que vous prê-chez si bien, & que vous pratiquez en-core mieux, à ce désintéressement, lapremiere de vos vertus.
Envain la calomnie exhale son venincontre vos mœurs: seriez vous assez peuphilosophe, Monsieur, vous qui fêtestant dans vos écrits, pour ne pas la mé-priser. Que sestinie des gens d’eípritvous console des injures des beauxesprits ; Potzdam a bien íçu vous con-soler de Paris ! encore un pas, Mon-sieur, & vous écrasez tous vos ennemis.Déjà, quelle nuée de témoins dans cescertificats de probité , dont vous avezrempli avec tant de délicatesse toutes leséditions de vos œuvres ! Ayec quel plai-sir ne me joindrois-je pas, s il le falloit,à ces témoins ? Pour réfuter cet infâmevolume de mensonges imprimés contrel’homme le plus respectable du siécle,je n’aurois qu’à faire un récit naïf de vo-tre