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Tome premier.
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Louis XIV.

en habit de cérémonie , parla, couvertd’unbonnet de velours rouge qu’il òtoit souvent :son discours & ses marques de soumission é-toient dictés par Seignelai. Le Roi l’écouta,assis Sc couvert ; mìiis comme, dans toutes lesactions de fa vie, il joignoit la politeíîè à ladignité, il traita Lescaro & les Sénateurs, avecautant de bonté que de faste. Les MinistresLouvois, Croiffi & Seignelai, leur firent sen-tir plus de fierté. Aussi le Doge disoit : le Roiôte à nos cœurs la liberté , par ta maniéré dontil nous reçoit ; mais ses Ministres nous la ren-dent- Ce Doge étoit un homme de beaucoupd’esprit. Tout le monde sait, que le Marquisde Seignelai, lui aiant demandé ce qu’il trou-voitde plus singulier à Versailles-, il répon-dit : c’ejt de my voir.

L’ EXTREME goût que Louis XIV avoitpour les choies d’éclat, fut encor bien plusfiaté, par l’Ambassade qu’il reçut de Siam ,pais où l’on avoit ignoré jusqu’alors que laFrance existât. Il étoit arrivé, par une de cessingularités qui prouvent la supériorité desEuropéans fur les autres nations, qu’un Grec,fils d’un cabaretier de Céphalonie m), nom-mé Phalk Constance n ) étoit devenu barca -

Ion

m) II n’étoit point fils d’un cabaretier,mais d’unnoble Vénitien, fils du gouverneur de Cepha-lonie , & d’une fille d’une des plus anciennesfamilles dupais,

p) 11 s’appelloit Constantin Phaulkon, & signoittoujours ainsi.