de Malte. Liv. XIII. 59parmi eux, & jettoient sur les Turcs des feux d’ar- J E ^tifices, de l’eau bouillante & de la poix fondue : vautte.& la crainte de perdre leur honneur & leur liberté, ~fì elles tomboient entre les mains des Infidèles,l’emportoit dans ces femmes fortes fur toutes leshorreurs d’une mort prochaine. Les Turcs tou-jours féroces & cruels , indignez qu on opposât àleur courage de íì foibles ennemies, ne les épar-gnoient point: plusieurs périrent par leurs armes,ou par des feux d’artifices qu’ils lançoient de leurcôté. La brèche, le Château même paroiífoit touten feu, & le tumulte des combattans, le bruit desarmes, les cris des soldats, la plainte des blessez& des personnes de l’un & l’autre sexe, qui expi-roient étendues par terre confusément, formoientun spectacle également terrible &: touchant.
Le Bacha de son côté, du pied de la brèche, oùil s’étoit placé, couroit le sabre à la main de touscotez, exhortoit, prioit & menaçoit ses soldats,
& leur crioit qu’avec un peu d’efíort ils alloientfe rendre maîtres de la Place. Il tua même de íamain deux Janissaires, qui pressez par les Cheva-liers, & pour éviter leur fer meurtrier, s’étoientprécipitez du haut de la brèche en bas. Les autressoldats intimidez par cette action, & qui voyoientbien qu’ils n’avoient pas moins â craindre de l’épéede leurs Officiers, que de celles de leurs ennemis,ne chercherent plus la fin du combat que par lamort de tous les affiegez. Chacun de ces Janissairescombattait avec ardeur, & comme íì la victoiren’eíìt dépendu que de lui seul : enfin après queTaílaut eût duré plus de quatre heures, & dans le