40 Histoire de l’OrdreJean tems même que le Grand Maître n-’étoit pas fansValitte. inquiétude du succès, au grand étonnement des
-. Chrétiens, &c même des Turcs, le Bacha fit sonner
la retraite. On apprit depuis que le CommandeurMefquita, Gouverneur de la Cité notable , avoitdonné lieu à cette retraite précipitée.
Ce Commandant vieil Officier, toujours atten-tif à tous les évenemens, du haut de la Cité ayantdécouvert que le Château de Saint Michel paroissoit tout en feu, & ne doutant point que ce nefût Teffet d’un assaut, & que les assiégez ne sussentextrêmement pressez, pour faire diversion, fit sor-tir de fa place un corps de cavalerie, dont chaquecavalier portoit en croupe un fantassin. Les Che-valiers de Lugny & de Vertura étoient à la têtede ce détachemen t : ils avoient ordre d’aller recon-noître ce qui fe paífoit du côté de la Fontaine dela Marza, ôc de tâcher de surprendre & d enleverles malades &c les blessez, que le Bacha avoit faitloger en cet endroit, à cause de la commodité deseau & de la fraîcheur du lieu. Mais il ne leuravoit donné qu une foible garde ; le Chevalier deLugny, pour faciliter fa retraite, ayant laissé soninfanterie en embuscade dans un village ou casaivoisin, appellé Azabugi, s avança jusqu a la Fon-taine : & ayant reconnu que la garde de cet Hô-pital s’étoit écartée fur les collines voisines pourvoir de plus près les deux assauts, il fit mettre piedà terre â fes cavaliers, coupa la gorge aux malades,& aux blessez, & en fit un horrible carnage. Lasurprise & le tumulte ordinaire dans ces fortes d’at-taques imprévues, les cris des mourans, la fuite
des