de Malte. Liv. XIII. 6z
Le mauvais succès de ce qui se paísoit à l’attá-que du poste de Castille, ne rallentit point l'at-deur ôc íemprestemenc du Bacha ; & il n’est pasBien certain s'il n’en eût pas une maligne joie, oudu moins si dans l’eíperance qu’il avoit d’empor-ter le Fort de S. Michel, il ne fût pas bien aile, quel’Amiral n eût point ouvert le premier le cheminà la Victoire, pour en avoir tout l’honneur. Lespremiers jours de Septembre il sit donner un nou-vel assaut-, les Janissaires ausquels il avoit promisle pillage de la Place, s’avancerent en foule, & latête baillée juíquau pied de la brèche: & malgréle feu de l’artillerie, les pierres, seau bouillante,& les feux d’artifices qu on lançoit fur eux, ils engagnèrent Je haut. Ils occupoient déja presquetous les bastions de ce Fort ; ils n’étoient plus sé-parez des astìegez que par l’épaisseur d une cloi-son de bois, & ils te trouvèrent même si près lesuns des autres, que les mousquets se croisoient.Après qu’on eût combattu long tems avec unefureur égale, le courage invincible des Chevaliers,l’emporta enfin fur toute l’opin'iâtreté des Turcs.Ils les poussèrent, & les précipitèrent du haut de labrèche en bas, quelques efforts que fit le Bacha ;& il vit bien que pour fe rendre maître de la Place,il ne lui restoit d’autre eíperance que de réduirepar la faim ceux que jufques.là il n’avoit pû vain-cre par la force & par la ruse.
Mais il ne fut pas long-tems fans apprendre qu’ilavoit encore plus à craindre que les Chevaliers dela. disette des vivres : ses munitionnaires lui firentsçavoir qu un vaisseau qui étoit allé charger des
J E A -K'DE LA
Vaeette.