de Malte. Liv. XIII. 8j
Grand Maître d’Aubusson navoit pas été en priíe Jhamà ces scrupules, prenoient occasion du refus de la vacetteV alette, de lui en faire un nouveau mérite, &devanter fa modestie. D’autres foupçonnoient quedans ce refus, il y enrroit bien autant de politiqueque de modestie, & que ce Grand Maître fe consi-dérant justement comme Souverain,avoit aprehen-dé d'avilir ce grand titre par une dignité íu balterne.
Quoi qu’ií en íoit, il pria le Pape de tourner cettegrâce fur un de fes freres, alors Evêque de Vabres ;mais la mort de Pie arrivée peu de tems après,empêcha le Prélat François de profiter de la re-commandation du Grand Maître.
On peut dire que dans ces premiers mouvemensde joie qu’avoit produit dans toute TEurope, maissurtout en Italie, la courageuse résistance de laValette, & la levée du siégé, il y avoit peu de chosequ’on eûc refusé à un homme qu’on regardoit com-me le héros de la Chrétienté -, il recevoit de touscotez des complimens fur l’heureux succès de fesarmes. Le Roi d’Efpagne si intéressé , comme onfçait, à la conservation de Malte, qui couvroit fesRoyaumes de Sicile & de Naples, lui envoya leCommandeur Maldonat, pour lui présenter enplein Conseil une épée & un poignard, dont lagarde étoit d’or massif, & enrichie de diamans : &dans une efpece de harangue qu’il lui fit, il dit quele Roi son Souverain le regardant comme un desplus grands Capitaines de son siecle, il le prioitde fe servir de ces armes pour la défense de toutela Chrétienté.
Quoique le grand Maître reçût en même-tems
L iij