de l’Ordre de 8. Jean de Jérusalem. 8H
est ; ou s’il veut bien en couvrir l’atrocité, il se contentera de direpour ne pas donner de mauvais exemple, que l’accusé a fait tortà la Religion de plus d un marc d argent en présence de l'accu-sé même qui y aura été conduit sous bonne & sûre garde par lemaître Ecuyer.
Après la lecture de la plainte, le Maître ou son Lieutenant lais-sera aux Baillis de l’Egard le tems de l’examiner, & de voir les infor-mations, les preuves,les interrogatoires de l’accusé, lesquels rendrontensuite leur Sentence,selon Dieu,1araison, les Statuts,& les loua-bles Coutumes de la Religion.
Le Maître ou son Lieutenant nomme le Chef de t Egard, & dé-pute un Religieux honnête homme, pour s’y trouver en son nom ,& faire toutes les procédures nécestaires : ensuite de quoi le Chef"ôc les Baillis de l’Egard se retirent en un autre endroit, où se trou-vent le Procureur du Maître d’un côté, & l’accusé de l’autre. LeProcureur demande que l’accusé soit privé de l’habit, suivant lagrieveté de son crime : l’on permet à l’accusé de répondre & de sedéfendre. S’il avoue son crime, & qu’il en demande pardon y l’Egardva jusqu’à trois fois trouver le Maître & l’Assemblée , pour deman-der fa grâce t si le Maître trouve que les Statuts lui permettent deTaccorder, l'on s’en tient là. S’il continue de demander que l’onfaste justice, l'Egard s’en retourne au lieu où il est venu.
Si l’accusé dénie le fait, l’on produit les témoins, les informa-tions & les preuves j.,& s’il se trouve convaincu par sa propre con-feíîion, ou par les dépositions des témoins ,. l'Egard prononce,fa Sentence qui le condamne d’être dépouillé de l’habit. L’onappelle le Procureur du Maître, auquel on la communique : il ledispose à suivre l'Egard qui le conduit au Maître & à l’Assemblée :il demande grâce encore une fois : il est encore appuyé de l’inter-cesiîon de l Egard. Mais si le Maître ou son Lieutenant continuedans son refus , & quil commande qu’on fasse lecture de la Sen-tence, le Chef & les Baillis de l'Egard, après un troisième com-mandement à eux fait en présence de l’accusé, lui prononcent sáSentence , le déclarent convaincu du crime, & le condamnent à la.privation de l’habit. .
Quand la Sentence a été publiée, l’accusé se met à genoux devant;le Maître ou son Lieutenant, & continue de demander íà grâce. Ila le maître Ecuyer à son côté pour executer les ordres C’est luiqui prononce la Sentence de privation, en disant à l’accusé : » Puis-» que vous vous êtes rendu par vos crimes & vos désordres, indi-» gne de porter à.l’avenir le signe de la sainte Croix-, & l’habit de.» notre Ordre,.que nous vous avions donné, dans l’opihion que-s» nous avions que vos mœurs étoient régulières ; nous vous Pô*», tons, suivant nos Statuts & nos Coutumes, pour donner du cou-», rage aux bons, de la crainte aux médians ; & afin que vous fer-»»viez d'exemple, nous vous séparons, & nous vous chassons de la.