$4 Anciens et nouveaux Statuts
» noble compagnie de nos Freres : nous vous jettons dehors, comme!n un membre pourri & gangrené.
Après ces paroles, le Maître Ecuyer, de l’ordre du Maître ou deson Lieutenant, ôte l’habit à l’accusé en cette maniéré. A u premiercommandement, il met seulement la main sur le manteau du con-damné ; au second, il dénoue les cordons des manches à bec ou àpointe , & en jette une partie fur le devant : au troisième, il dénouele cordon qui attache le manteau, & le lui ôte de dessus les épaules,en disant ces paroles : » De l’autorité du Supérieur , je vous enleve» les liens du joug du Seigneur, lequel est véritablement doux, &n l’habit de notre Ordre, que vous vous êtes rendu indigne de porter japrès quoi il le ramene dans la prison.
Lorsque l’accusé est absent, l’on commence par le citer , suivantla forme de nos Statuts & de nos Coutumes : s’il ne comparoîc point,ou qu’il soit impossible de le prendre, au cas que le crime dont il estaccusé ait été commis publiquement, & qu’il soit directement con-tre ce qui est prescrit par les Etablissemens, ou qu’il soit notoire ,& qu’il doive être puni pat la privation de l’habit, pourvu que l'onen ait des preuves suffisantes, î’on ne laisse pas de lui faire son pro-cès par contumace, de le faire condamner par Y Egard t 8c par leMaître ou son Lieutenant, qui le déclare privé de l’habit, aprèsavoir observé les formalités ci-dessus. L’on porte un manteau au mi-lieu de l’Assemblée , & après le troisième commandement, le Maî-tre Ecuyer le prend, & l’emporte pour faire affront à l’accusé.
La maniéré de rendre l'habit d ceux qui en ont été'privez
COUTUME.
Notre Ordre a accoutumé d’user de bénignité 8c de miséricor-de envers ceux qui se repentent de leurs crimes, & qui en revien-nent à une conduite plus modérée. Ainsi lorsque quelqu’un de nosFreres a été privé de l’habit pour ses fautes ; qu’il en a fait péni-tence , qu’il paraît disposé à s’en corriger , qu’il a mérité fa grâce ,suivant nos Statuts, 8c que l’on juge à propos de lui rendre l’habit,l’on en use de la maniéré suivante.
Le Grand Maître ou son Lieutenant font convoquer l’Assemblée,ou congrégation au son de la cloche ; où étant assis avec les Baillis,les Prieurs, & autres anciens, 8c les Chevaliers, comme à l’ordi-naire, le Maître ou son Lieutenant commandent au Maître Ecuyerd’amener celui qui a été privé de l’habit, en habit séculier , ou mê-me en chemise, 8c la corde au col, si son crime se trouve savoir mé-rité : il arrive les mains jointes, entre lesquelles il porte un ciergeallumé, qui marque qu’ií recouvrera bientôt la charité 8c la dilec-tion de l’Ordre.
En cet état, il se jette aux pieds du Maître, & le supplie avec res-pect de lui faire jjrace, de lui rendre l’habit, de le rétablir dans la