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Tome premier.
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144 D I A L O G Û ESmiers mouvemens qu’on ne lui peut ]&■*mais ôter; ils ont souvent bien faitdirchemin avant que la raison en soit aver-tie ; & quand elle s’est mise enfin en de-voir d’agir, elle trouve déja bien du dé-sordre : encore est-ce une grande ques-flion que de savoir si elle pourra le ré-parer. En vérité, je ne m’ctonne pas siTon voir tant de gens qui ne se fientpas tout-à-fait à la raison.

Se. 11 n’appartient pourtant qu’à ellede gouverner les hommes, & de réglertout dansl’Univers.

Sc. Cependant elle n’esi guére enétat de faire valoir son autorité. J’aioui dire que quelque cent ans aprèsvotre mort, un Philosophe Platoni-cien demanda à I’Empereur quirégnoitalors, une petite Ville de Calabre touteruinée, pour la rebâtir, la policer se-lon les ioix de la République de Pla-ton, & l'appeller Platonopolis ; maisÎEmpereur la refusa au Philosophe, Scne se fia pas aisés à la raison du divinPlaton , pour lui donner le Gouverne-ment d’une Bicoque. Jugés par-là com-bien la raison a perdu de son crédit. Sielle étoit estimable le moins du mon-de, il riy auroit que les hommes quí