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tenir compte ? Le bonheur d’être ver-tueux peut quelquefois venir de la Na-ture ; mais le mérite de l’être ne peutjamais venir que de la raison.
Sc. On ne fait ordinairement guérede cas de ce que vous appelles un mé-rite ; car si un homme a quelque vertu,& qu’on puisse démêler qu’elle ne lui soitpas naturelle, on ne la compte presquepour rien. II fembleroit pourtant queparce qu’elleestacquifeàforcedeloins,elle en devroit être olus estimée ; n’im-porte, c est un pur eíìêt de la raison, onne s’y 6e pas.
Se. On doit encore moins fe 6er àl’inégalité du tempérament de vos Sa-ges. Ils ne font Sages que selon qu’ilplaît à leur sang. II faudroit savoircomment les parties intérieures de leurcorps font disposées, pour lavoir jus-qu où ira leur vertu. Ne vaut-il pasmieux incomparablement ne se laisserconduire qu'à la raison , & se rendre siindépendant de la Nature qu’on soiten état de n’en craindre plus de sur-prises ?
Sc. Ce feroit le meilleur, si cela étoitpossible ; mais par malheur la Naturegarde toujours ses droits z elle a ses pre^