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Ga. Je ne puis deviner quel eût étávotre dessein. J’étois un pauvre Savantaccoutumé à une vie frugale , toujoursattaché aux Etoiles, L fort peu habileen ragoûts.
Api. Mais vous avés inventé les Lu-nettes de longue vûe ; après vous on afait pour les oreilles ce que vous aviésfait pour les yeux , & j’entens dire qu’ona inventé des Trompettes qui redou-blent & grossissent la voix. Enfin vousavés perfectionné & vous avés apprisaux autres à perfectionner les sens. Jevous eusse prié de travailler pour lesens du goût , & d’imaginer quelqueinstrument qui augmentât le plaisir demanger.
Ga. Fort bien, comme si le goût ssa-voit pas naturellement toute ía perfec-tion.
Api. Pourquoi l’a-t-il plutôt que lavûe ?
Ga. La vûe estauílitrès-parfaite. Leshommes ont de fort bons yeux.
Api. Et qui font donc les mauvaisyeux auquels vos Lunettes peuventservir ?
Ga. Ce font les yeux des Philosophes.Cesgens-là; à qui. il importe de savoir