DE P L UT O M. 267on quelque chose de si doux à êtreaimé, si on croyoit ne l'être que parune certaine nécessité de la Nature quia voulu qu’on aimât ? On ne pourroicdonc point se flatter de rien devoir àses foins, à fa fidélité , à son propremérite ? Et que devient l’Amour ?Quand l’idée que Gigés en donne se-roic solide , elle seroit du moins tropdure. On n’a point besoin de véritésdésagréables.
Ah ! s’écria Elisabeth d'Angleterre »si l’on ôtoit les chimères aux hommes , quelplaisir leur rejleroit-il ? Qu’ai-je fait àGigés , pour f obliger à pratiquer lecontraire de mes maximes ? Est:-ce pourme contredire qu’il veut désabuser leshommes des plus agréables chimèresde l’Amour ? Tout à l'heure Paulinenous donnoit une idée si sublime de lafidélité , que personne n’y eût pû par-venir ; & voici présentement Gigésqui nous donne une idée de l’Amour tlméprisable, que je ne sai si personnevoudroit s’abaiíïer jusqu’à être amou-reux.
Quelle fut la surprise d’Homere ,lorsqu’il se vit intéressé dans le Dialo-gue d'Hélene & de Fui vie ! Ce Prince
Zij