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Tome premier.
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331 L E T T R Z Smer trop, on ne sait jamais bien atljuste la vérité des choies. De bonnefoi je douterois quelquefois que vousfuíîìés aussi aimable que vous me pa-roissés , fi je n’entendois dire à biendes gens que vous l’ètes véritablement.Vous pourriés être laide que je ne m'enappercevrois pas, car je vous aime juf-qu’à la folie. Aussi quand je commen-çai à vous aimer , comme je sentoisque je devois me défier de mon juge-ment fur votre chapitre , j’allai deman-der à tout le monde s’il étoit vrai quevous eustiés les grands yeux vifs, l’a-gréable bouche, & l’air fin que je vousvoyois ; on me dit qu’il n’y avoir à toutcela aucune illusion , & fur cette ré-ponse je laissai faire à mon cœur ce qu’ilvoulut. Quand j’y longe pounr nt , jetrouve qu’il vaudroit mieux pour moique vous ne fufliés belle que parmon imagination, plutôt que de l’êtreeffectivement. Dieu fait avec com-bien de plaisir vous recevriés un amourqui vous embelíiroit. Si vous ne m’ai-miés pas , je vous rendrois tout d’uncoup votre premiere laideur , en ces-sant de vous aimer. Mais vous fériésbien fâchée de me devoir voue beauté*