TRAGEDIE. 317
E N É E.
Je vais perdre à jamais le seul Objet que j’aime.'L A V I N I E.
Du bien qui m’attendoit je me prive moi-même,
E N É E , LAVINIE.
O mort ! de nos tourmens venés nous délivrer;O mort ! uniffés-nous, on nous va séparer.LAVINIE.
Je vois Turnus, il saut que je l’évite.ENÉE.
LaisTés-moi lui parler, dérobés-lui vos pleurs.Puisque je suis aimé, ce que mon cœur méditePeut réparer tous nos malheurs.
SCENE III.ENÉE, TURNUS.
ENÉE.
S Eigneur, vous cherchés Lavinie,Permenés qustin moment j’ose arrêter vos pas.On a sait choix de vous, & la Guerre est finie.
Je íai trop que dans les CombatsLe sang de nos Sujets ne se doit plus répandre ;
Mais je puis encore prétendreQue le fer à la main , aux yeux de nos Soldats,
D d iij