LETTRES.
César, dont les venus Ont été consacrées,
Par mille aimables soins triompha de mon cœur ;Et vous triompherés de moi, de ces Contrées ,Aussi juste , & plus grand vainqueur.
Il préféra pourtant la plus douce victoire.
Dieux ! quels soupirs poussait le Maître des Hu-mains !
Que d'amour dans une âme où régnois tant dsgloire ,
Que remplissaient tant de desseins í
Combien me jura-t-il qu’au sortir de la guerresSi le Ciel en ces lieux n'eût pas tourné ses pas,
11 eût manqué toujours au Vainqueur de !a TerreD adorer unes foibles appas ?
Combien me juta-t-il qu'il eût changé fans peineTant d'honneurs, de respects & d’applaudisse-mens ,
Contre un des tendres soins dont j’étois toujourspleine,
Contre mes doux empreííèmens ?
Aussi pour être heureux , s’il peut jamais suffireDe posséder un cœur , d'cn avoir tous les vœux sDe se voir prévenir dans tour ce qu’on désire 7César sans doute étoit heureux.
Je le sens bien, Seigneur , je me fuis égarée,
J'ai trop dit que César a vécu sous mes loix ;
Terne IV, G g