334 Fragmens de la connoìffance
doivent se prendre sur les idées expres-ses qui seules font capables d’augmen-tation : or, selon ces idées-là, nous nesommes pas de plus de quelques degrésau-dessus des bêtes.
Mais ce qui met la grande différenceentre nous Sc elles, ce font les idées desupposition qui sont faites de l’aug-mentation ou combinaison des idéesexpresses. Or comme on ne sauroitavoir si peu le pouvoir d’augmenter cesidées expresses, qu’on ne l’ait autantqu’il est possible, cela nous met toucd’un coup infiniment au-dessus des bê-tes.
De-là vient cette bisarrerie appa-rente de l’esprit humain, qui a tant d’é-tendue en un sens, & si peu en un au-tre, & c.
L’idée que j’ai de l’infini, ne suppo-se donc ni la possibilité de sinfini dansla nature , ni une grande étendue dansmon esprit ; elle demande seulementque je puisse supposer que de certainesidées expresses & très - bornées quej’ai, soient augmentées, fans que je lespuisse concevoir dans cette augmenta-tion.