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Tome dixiéme.
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i 7 2 P I G M A L I O N,

Quoi ! !e grand Jupiter, pour faire une conquête,Abandonna des Cieux le superbe séjour ;

Ce Dieu s’humanifa jufqu’à devenir bête ;

Deux cornes s’élevoient fur son auguste tête ,

Et dans ccs doux transports il mugissoit d’amour lQuoi ! ma mere surprise en état peu modeste ,Dans les fatals filets d’un époux imprudent ,Donna lieu par cet accidentA la médisance céleste !

Moi-ir.cme quand je vis que tout fuivoit ma loi,Qu'il n’étoit plus de cœurs tranquiks,Plutôt que de laisser mes flèches inutiles ,

Je les employai contre moi.

Enfin je fuis vainqueur de tout ce qui respire ,

A mes aimables traits tout fe laisse blefler ;

De íoi-même on fe vient soumettre à mon Em-pire ;

Et Pigmalion seul prétend s’en dispenser ?

En vain , pour émouvoir son ame indifférente,Je le tais adorer par une jeune Amante }

Les feux les plus ardens qui consument un cœur,J’ai voulu sans pitié les ramasser en elle :

Cet ingrat de sang froid exerce fa rigueur.

Aimer, c’est vision ; soupirer, bagatelle.

Non, de quelque froideur qu’il putlîe être muni,Il faut qu’á mon flambeau cette glace se fonde ;Si je laiíìois son orgueil impuni,

Qui ui'adoreroit daus le monde!

Mais j’apperçors l’Hymen.