COMEDIE. 175
Qu’il éteint ses feux les plus doux.
Ma filme avec la tienne est-elle incompatible rEt quand je vois deux cœurs unis par tes liens,Pourquoi doit-il être impossibleQu’ils le soient aussi par les miens ?
• L’ A M O U R.
Voilà ce que de nous le peuple se figure ,
11 nous croit bonnement de la même nature;
Le plus souvent je fais ce que tu fais >
Ce font les mêmes feux Sc les mêmes tendresses ;Mais enfin je ne fai quelles déiicateflesQui me suivent toujours, ne te suiveur jamars.On goûte cent plaisirs par la <euie maniéréDont j’accorde quelques plaisirs;
Mais toi, d’une taçon giossiere ,
Tu contentes tous les de fus.
Tu livres tout en proie à ces désirs avidesQue ta facilité remplit trop promptement ;
Tu prodigues d’abord cent faveurs insipides,
Et tu t’cs épuisé dès le premier moment.
Mais de ces mêmes biens il est un autre usage,
Le refus que j’en fais enflante mieux un cœur ;
Je feins d’en être avare , & plus je les ménage,Plus j’en augmente la valeur.
A nourrir les souhaits fans cefle je m’attache ,
Ce que je veux donner , je lais qu’on me l’arra-che ;
La plus fossile saveur devient pleine d’appas,
P iiij