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L’ A M O U R.
Cest l’audace la plus coupable,
L’ H Y M F. N É E.
C’est un affront qu’on ne peut répares.
Si tu m’en crois , Amour , l.ons une partie,Uniffons-nous tous deux contre Pígmalion.
L’ A M O U R.
Nous avons trop d’antipatiePour former la moindre union.
Ce feroit pour le monde une extrême surprise,
Si l’Amour & PHymen pouvoient se réunir.
Non , non , n’y songeons point. Le moyen debannir
L’inimitié qui nous divise }
L’ H Y M E N É E.
J] est vrai, nous n’avons aucune liaison ;
Iem'en plains,Ltl’Amour inceffammen t rn'offence.
S’ii pouvoit entendre raison ,
11 verroit que c’est lui qui rompr l’intelligence.Après que deux Amans frapés des mêmes traits,Sc font long temps consumés en souhaits,Quelle feroit leur destinée,
S’ils ne pouvoient aller jufqu’aux effets,
A la faveur de l’Hymenée ?
Auílî-tôt cependant l’Amour brise en courrouxLa chaîne que lui-même entre eux avoir formée jLa torche conjugale à peine est allumée,