TRAGEDIE. 301
Je ne veux point savoir si je pourrois encoreRavir à mon rival un objet que j’adore.
En vain vous m’en offres les moyens dangereux ;Je veux voir l’espéranee interdite à mes vœux ;Et quoique par ce coup ma mort soit infaillible,Je veux voir déformais mon bonheur impossible.Peut-être qu'à la fin vos funestes appasEngageroient mon cœur dans de honteux com-bats.
Je vous fuis pour jamais.
AQUIllE,
Ah Ciel ! qu’allés-vous faire IAllës-vous à la fois me perdre avec mon pere »Malgré tous vos sermens , malgré tout votreamour ,
Chargé de mon secret, l’allés-vous mettre aujour}
Qui l’eût cru qu’Aquilie à ce point fut à plaindre,Et même que Titus eût pû la faire craindre?
TITUS.
Que vous répondre, hélas 1 dans le trouble oû jefuis ?
Sai-je ce que je fais, Madame ? je vous fuis.
A Q_ U I L I E.
Arrêtés, ou donnés la mort à votre Amante.
Qui peut vous retenir ? & qui vous épouvante?Quoi! vous délibérés, & vous m’allés trahir !