TRAGEDIE. 303
A servir le* Tarquins tout votre coeur aspire.
A Q U I L I E.
Poursuives, poursuives, achevés de m’aigrirjJ’aime cette injustice , elle peut me guérir.Joignes à vos refus le mépris & l’injure;
De mon ressentiment je n’étois pas bien sure.Mon coeur porté toujours à vous justifier ,Malgré ce peu d’ainour, n’eûr pû vous oublier.Vous fervés ma raison , en outrageant ma flaine.Dires que je fe gnis de vous donner mon ame;Dites que je voulus mendier votre coeur ,
Pour pouvoir des Tarquins réparer le malheur.
Et que me fait à moi leur retour , leur absence?De vous seul occupée avec trop de constance,
E'amour m’avoit ôté tout autre sentiment.
Quel soin me touche encore cn ce triste moment ?J’ai craint de voir nos coeurs séparés l’un de l'au-tre.
Quoi donc , mon intérêt, ingrat, n’est pas levôtre í
TITUS.
Madame, pardonnés mon crime à ma douleur.Trop foible contre vous je m'arme de fureur;
Je veux tenir suspects vos pleurs, votre cœurmême ,
Enfin tour ce qui fait qu’un malheureux vous aime.Mon esprit contre vous tâche de s’irriter ;
Mais de çet art cruel je ne puis profiter.