A M. DE FoNTENELLE. £ I
Les changemens politiques arrivésdans le Monde depuis ce temps, n’ontaucune influence fur le sentiment vifquej’ai toujours conservé des obligationsque je vous ai. Ceux qui n’ignorent pasque les Académies conservent entr’ellesune intime correspondance , malgrél’inimitié que la guerre peut causer en-tre les Nations dont elles font partie,ne me croiront pas moins bon Anglois,quand je m’efforcerai de m’acquitter dece que je dois à un Etranger d’un si raremérite ; & ceux qui connoiíTent bail-leurs mes principes , savent que per-sonne ne fait des vœux plus ardens quemoi , pour la paix , le bonheur & lagloire de ma Patrie , fous l’heureux gou-vernement dont elle jouit à présent.
J’ai cru qu’il étoit d’autant plus àpropos de vous offrir cette Traductionde La Fontaine , que vous avez donné de-puis long-temps des témoignages pu-blics de la très-haute estime que vousavez pour lui. Je vous regarde , à quel-ques égards, comme le représentant dece grand homme , & crois par consé-quent que les efforts que j’ai faits pourhabiller de mon mieux à l’Angloiíe unde ses Ouvrages, auront le bonheur de