DE M. DE FONTENEHE. §<-J’efpere que mon Traducteur voudrabien me donner du moins quelquesidées générales de votre vie de la Fon-taine , & de vos remarques fur son carac-tère Je l’ai un peu connu , & je le déíinif-sois ain fi : Un homme qui étoit toujoursdemeure à peu pies tel qu il étoit sorti desmains de la Nature, & qui dans le commercedes autres hommes ri avoi t presque pris aucuneteinture étrangère. De-làvenoit son inimi-table & charmante naïveté. Je me tiensbien sûr que vous l’aurez attrapéedans votre Langue autant qu’il étoitpossible, & cela augmente bien le re-gret que j'ai de ne pas savoir l’Anglois.Je me serois fait un grand plaisir decomparer le génie des deux Nations. Jecomtois déja celui de la vôtre , fur lesOuvrages de force , pour ainsi dire, furla Géométrie, la Physique, la Méta-physique, & je fais qu’il y va aussi loinqu’il soit possible; mais je ne le comtoispas tant fur les Ouvrages d’agrément,parce qu’ils demandent la connoiíl'ancede la Langue dans laquelle ils íontécrits. Sans doute !a Psyché de la Fontainedevenue Angloife , aura conservé tou-tes fes grâces, & en aura peut-être mê-me acquis de nouvelles; mais malheu-
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