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Lettres
L ETTRE XXX V.
D E M. L’ABBÉ B I G N O N.
M eu Lui, 10 Octobre 1715.
Ien ail monde, mon cher Mon-
JL V sieur , n’est plus gracieux que vo-tre Lettre. Vous voulez me faire l’hon-neur d’une choie qui íeroit infinimentmieux entre vos mains (c). Le point leplus important , c’est que M. le Ducá'OrU.ms ait déclaré qu’il fe réservoità lui seul nos sciences. Nous ne nousbrouillerons pas vous & moi fur lecompte qu’il en demandera. Mais , quel-que glorieuse que puisse être cette dis-tinction pour notre Académie, & quel-que flatteuse qu’elle soit pour vous &pour moi , j’ai toujours peur qu’ellen’expofe nos pauvres Savans à l’envie,fc aux mauvais offices qui s’eníuivent.J’ai peur encore que dans la multipli-cité d’assaires beaucoup plus importan-te; dont Son Altesse Royale est acca-blée , fur - tout dans ces comtnence-
[c'j De rendre compte à M. le Duc d’Orlc'jns,Régent du Royaume , de Cí qui COslCeruok l’At
cadsauk des Sciences.