Band 
Tome onzième.
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L E T T r. E s

j’eusse cédé auslì tôt. Il y a peut-ctrequinze jours que cela s’est passé. J’aifait des avances à M. le Capitaine,pour lui faire oublier notre dispute;mais il ne me paroît pas disposé à en-tendre parler Raccommodement. Jecrois qu’il veut avoir ce mérite-là au-près de fa Maîtresse, & que dans lestendres protestations qu’il lui fait , ily mêle des fermens de ne pardonnerjamais aux ennemis de l’embonpoint.Hier, je voulois aller à une certaineIreure précise chez une assez jolie femme:le temps me pressoit; on n’avoit pastrouvé mes porteurs; j’y allois à pied8c fort vite. Je pouílai un peu quel-qu’un en passant dans une rue ; jus-tement c’étoit le Capitaine, qui mec’it tìerement : Morbleu , Monsieur , pre-ne^ garde à ce que v;us faites. Comme jen’avoispas un moment à perdre , je luirépondis d’un air chagrin , Sc fans re-garder: Je nui pas le loisir dt me battrecontre vous , f ai autre chose à f.ire ; & jepassai outre. II eût été ravi d avoir uneoccai'on de ferrailler ; mais franche-ment, je n’eus pas assez d’honneur dansce temps là pour lui tenir tête. Je neíais ce qui arrivera de tout ceci ; il