SAVANTS DU MOTEX AGE
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La bibliothèque du palais de Louis IX s’enrichit ainsi d’unefoule de livres précieux, les uns traduits, les autres originaux,dont plusieurs, comme le pense l’abbé Ilourgeat, ont dû passerdans notre Bibliothèque royale, aujourd'hui impériale.
A ce soin qui incombait à Vincent de Beauvais de choisir,d’acheter, et tout naturellement de classer les livres du palais,on devine qu’il était le vrai bibliothécaire du roi, bien qu'iln'ait jamais pris ce titre, pour des raisons que nous ignorons.
*11 n’a jamais pris non plus le titre de précepteur, ni celuid'instituteur des enfants de France . Cependant son Traité del'éducation et de Vinstruction des enfants de la famille royale,dédié à la reine Marguerite, femme de saint Louis, prouve qu’ilavait pris quelque part à l’éducation des enfants du roi, sansdoute comme surveillant de leurs études.
Telle est l’opinion de Fleury dans son Histoire ecclésiastique.Cependant les discours, les exhortations pieuses, les extraitsscientifiques ou littéraires qu'il lisait aux enfants de saintLouis, en sa qualité de lecteur en titre, avaient incontesta-blement pour objet leur éducation et leur instruction. Leprécepteur, le professeur ou F inspecteur des études, auquelles règles de son ordre ne permettaient peut-être pas deprendre officiellement ces titres, se déguisait peut-être souscelui de lecteur, de même que le conseiller intime du roi etde la famille royale se cachait sous les humbles qualificationsde domeslicus, de farniliaris (homme de la maison), que Vin-cent s'est données lui-même.
Dans la préface de son Traité de l'éducation et de l'instruc-tion, il nous apprend que « cet ouvrage n’est qu’une partiedétachée d'un autre plus étendu, dans lequel il traite géné-ralement de tout ce qui regarde le prince, la cour du roi, safamille, l'administration des affaires publiques et le gouverne-ment de tout l’empire, non-seulement d’après les maximes dessaintes Ecritures et des docteurs catholiques, mais encored’après celles des philosophes et des poètes (1). »
Le Spéculum doctrinale paraît être, quant au sens et autexte, le grand ouvrage d'où Vincent avait détaché le Traitéde l'éducation et de Vinstruction. Ce traité lui avait été