50
SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
trois lois mathématiques qui président aux mouvements descorps célestes, et en fondant l’astronomie moderne, donnerà ses successeurs les moyens d’accomplir des découvertessublimes dans les champs infinis des deux.
Il s’appelait Jean Iieppler.
« Le privilège des grands hommes, dit Bailly, est de changer lesidées reçues, et d’annoncer des vérités qui répandent leur influence surle reste des siècles. A ces deux titres, Kepler mérite d'être regardécomme l'un des plus grands hommes qui aient paru sur la terre. ITip-parque, Ptolémée , Albategnius , Kopernik , Tycho lui-même, ont pu n’avoiraucun avantage sur les premiers fondateurs de l'astronomie, dont quel-ques travaux nous restent dans les tables des Perses, des Indiens, desSiamois, comme dans les belles périodes de l’astronomie ancienne. Kcp-pler, par l’ascendant de son génie, commence notre supériorité; il a dé-truit l’édifice des anciens pour en fonder un plus stable et plus élevé.11 est le véritable fondateur de l’astronomie moderne, et c’est un présentque la Germanie a fait à l'Europe (1). »
Keppler , né le 27 décembre 1571, à Magstatt, village duduché de Wirtenberg, à une lieue de la ville de Weil , enSouabe , était venu au monde à sept mois. 11 eut toute sa vie uneconstitution délicate et une vue faible. Henri Keppler, sonpère, était le fils d’un bourgmestre de la ville de Weil ; Cathe rine Guldenmann , sa mère, était la fille d’un aubergiste desenvirons de la même ville. Elle n’avait reçu aucune éducation ;elle n’avait pas même appris à lire. Sa tante, auprès de quis’était passée une partie de sa jeunesse, avait été brûlée commesorcière, et un mauvais renom s’était attaché, après cet événe-ment sinistre, à celle qui avait vécu auprès de cette malheu-reuse victime des préjugés populaires.
Catherine Guldenmann "épousa Henri Keppler, soldat dansl’année de l’Allemagne , appartenant à une famille très-pauvre,mais qui avait quelque prétention à la noblesse. En effet, un deses aïeux avait été fait chevalier, à Rome , par l’empereur- Sigismond (2).
A l’âge de six ans, le jeune Keppler fut atteint de la petitevérole. Il échappa à cette maladie dangereuse, qui pourtant luilaissa une vue faible et des yeux délicats. On l’envoya en 1577
(]) Histoire ds l’astronomie moderne, tome II, pages 4 et 5.
(2' Extrait d’nne note (le Breitschwert communiquée à Arago par de Humboldt.