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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE
L’oirv r rage le plus important de Iveppler, celui que tout astro-nome, disait Lalande, doit lire au moins une fois en sa vie,c’est Y Astronomie nouvelle, ou Commentaire sur les mouve-ments de la planète Mars. Cet ouvrage a pour titre latin :Astronomia nova,seu Physica cœlestis tradita commentariisde motïbus Stella Mar Us ex observationibus Tychonis Brahei.— (Prague 1609.) •
Considérer la nature comme un tout, dont l'ensemble et lesdétails ont la même source, et dans lequel les petites chosess’opèrent par le même mécanisme que les plus grandes, tellefut la pensée qui dirigea Iveppler dans tous ses travaux, et cettepensée, comme le remarque avec raison Bailly, l’illustre his-torien de l’astronomie moderne, était une découverte et unevérité féconde. L’exacte appréciation des détails doit toujoursêtre accompagnée d’une vue étendue de l’ensemble, et jamaison 11 e se forme une idée juste de la nature quand 011 se borneà l’étudier par fragments isolés.
Mis en possession, après la mort de Tycho, de l’immenserecueil de ses observations astronomiques, Keppler les méditapendant sept années entières. De ses calculs et de ses longuesméditations, sortit ce fameux Commentaire sur les mouvementsde la planète Mars , sans lequel Newton n'eût jamais écrit sesPrincipes de philosophie naturelle.
Iveppler commence par poser des principes physiques. Il dé-veloppe l’idée que les anciens ont eue de la gravité, idée quilui avait été transmise par Ivopernik et qui s’agrandit beau-coup entre ses mains. Un auteur anglais , Robert Small, exposeainsi les idées de Keppler sur la pesanteur :
« Toute substance corporelle a la propriété de rester en repos, partoutoù elle est isolée et hors de la sphère d’action de tout autre corps. Lagravité est une sorte d’affection corporelle, réciproque entre deux corpsde même nature, et qui les porte à se réunir, ainsi qu’on l’observe dansl’aimant; en sorte que la terre attire une pierre beaucoup plus qu'ellen’en est attirée. Si la force de la lune s’étend jusqu’à la terre, à plusforte raison celle de la terre s’étend jusqu’à la lune et beaucoup plus loin:rien de ce qui est analogue à la nature de la terre ne peut échapper àcette force traetoire; rien n’est léger absolument, s’il est matériel; il nepeut être léger que comparativement (1). »
Puisque la sphère d’activité dont la lune est le centre, s’étend