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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
de négliger vont nous donner le moyen de réformer toutel’astronomie. »
En calculant les distances de Mars au soleil pendanttoute sa révolution, d’après les observations de Tyclio, ilmontre que ces distances sont inégales, et de là il conclutque la courbe que Mars décrit dans son mouvement de trans-lation , n’est pas un cercle, mais une espèce d 'ovale. Kep-pler parvint à évaluer approximativement la surface de l’ovaleque Mars lui parait décrire. Il entrevoyait la vérité, maisil ne la possédait pas encore. Il invoqua alors le secours desgéomètres : « Notre âge, dit-il, en compte de très-distingués,qui se donnent souvent beaucoup de peine pour des questionsdont l’utilité n’est pas bien évidente. » Il les invita à carrer sacourbe. Il calcula de nouvelles distances de Mars au soleil. Ilfinit par s’apercevoir que, si le cercle était trop large, l’ovaleétait trop étroit, et que la véritable courbe de l’orbite de Marsse trouvait entre les deux. Ses recherches sur ce point capitalle tourmentèrent tellement qu’il faillit}' perdre l’esprit. 11 re-doubla ses efforts, recommença plusieurs fois ses calculs, etdécouvrit enfin que Yellipse est la seule courbe qui puisse s’ac-corder avec le résultat des observations.
L’idée des mouvements elliptiques s’était déjà présentée,mais vague et confuse, à l’esprit de quelques astronomes.Eeinhold avait entrevu qu’elle résultait des hypothèses de Pto-lémée, d’après lesquelles la lune, plus éloignée de la terre dansles conjonctions et fort rapprochés dans ses quadratures, paraitdécrire une courbe ovale. Mœstlin, pour expliquer la marchedes comètes, les faisait mouvoir sur un épicycle qui se projetaitdans le ciel sous la figure d’un ovale. Mais on ne croyaitvoir en cela que de simples apparences.
A force d’observer les planètes, Keppler s’était aperçu del’inégalité de leur mouvement; il avait vu que leur vitesse di-minue à mesure qu’elles s’éloignent du soleil et que leur vitesseaugmente au contraire à mesure qu’elles se rapprochent de cetastre. Après plusieurs essais plus ou moins heureux, il vit queles vitesses pouvaient être représentées par la grandeur desarcs ou des angles décrits du centre de leur orbite en tempségaux. Il fut ainsi conduit, pour mesurer le temps, à substituerles aires aux arcs des secteurs. Il appliqua cette hypothèse au