JEAN KEPPLER
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Sirius, à cause du vif éclat dont elle est entourée, lui parais-sait être d’un diamètre à peu près égal à celui de la lune.Son caractère était doux, affectueux, modeste, et peu suscep-tible avec ses amis. Dans sa correspondance, il semble ignorerla supériorité de ses talents. Fortement attaché à ses croyancesreligieuses, nul intérêt matériel ne put jamais l’entraîner à fairesur ce point la moindre concession, malgré les rudes épreuvesqu’il eut souvent à subir. A Graetz, il aima mieux renoncer àsa place de professeur, que d’adopter un culte qui différait decelui de ses parents. Il fut toujours pauvre; mais le plaisirqu’il trouvait à méditer et à calculer était au-dessus de toutesles jouissances qu’il eût pu trouver dans les richesses. Il disaitlui-même qu’il n’aurait pas cédé ses ouvrages pour l’électo-rat de Saxe. •< Il avait raison, ajoute Delambre; mais sa femmeet ses enfants auraient beaucoup gagné à ce marché (1). »L’état de profonde misère où sa famille se trouva souventréduite, dut lui causer de violents chagrins. Dans cette extré-mité, il descendait des régions élevées où planait son génie, etcherchait, à la hâte, un travail, un emploi quelconque, qui put lemettre à même procurer du pain à ses enfants. Nous voyonsaujourd’hui Iveppler tel qu’il a été, c’est-à-dire comme un desplus grands génies de son temps ; mais ses contemporainsétaient loin de l’apprécier à sa juste valeur, et d’avoir de luiune bien haute opinion. On jugeait de son mérite par sa posi-tion, qui ne fut jamais brillante, par sa mise et ses vêtements,qui n’annonçaient pas l’aisance. Le P. Riccioli, dans sonNouvel Alma g es le, et Longomontanus , dans la lettre dont nousavons précédemment cité quelques fragments, nous font con-naître l'opinion qu’on avait de Keppler dans le monde savantde cette époque. Pour les esprits vulgaires, Keppler n’étaitqu’un astrologue comme on en voyait tant au milieu des coursdes petits souverains de l’Allemagne , un faiseur d’almanachs, unfils de sorcière. Parmi les savants, qui étaient ses amis, bien peusurent pressentir son génie. Galilée , bien qu’il aimât beaucoupl’astronome de Linz , n’avait que des paroles d’ironie pour la per-pétuelle tendance de Keppler à chercher les rapports harmo-niques des grandeurs et des mouvements que Dieu a réalisés
(1] Biographie universelle, de Michaud.