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SAVANTS 1)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
dans la fabrication des mondes. Placé à un point de vue tout àfait opposé à celui où se trouvait Keppler, Galilée rejetait saméthode et ses théories. Malgré cela, Keppler y resta toujoursattaché, et vingt-cinq ans après la première édition du ATyste-rium cosmographicum, lorsqu’il fit réimprimer cet ouvrage à lasuite des Harmonices mundi , il n’y changea’ pas un mot. Onvoit seulement dans les notes qu’il y ajouta, et dans ses pré-faces, qu’il est tout disposé à se passer des suffrages de ses con-temporains.
On lui reproche d’avoir fait, moyennant salaire, des prédic-tions astrologiques. Mais il est bon d'ajouter que, presque tou-jours, il accompagnait ses horoscopes d’une sorte de protesta-tion contre la crédulité de ses clients. Il leur disait, comme ledevin Tiresias à Ulysse : * Quidquid dicam, aut erit, aut non.Ce que je dis arrivera ou ri arrivera pas. » Ce qui n’empêchaitpas les amateurs de courir après des oracles si peu garantis.
Il est une page sublime de Keppler , c’est celle qui termineses Harmonices mundi . Ecoutez ces magnifiques accents, dignesd’être aussi immortels que ses découvertes :
, « Depuis huit mois, j’ai vu le premier rayon de lumière; depuis troismois, j’ai vu le jour; enfin, depuis peu de jours, j’ai vu le soleil de laplus admirable contemplation. Je me livre à mon enthousiasme, je veuxbraver les mortels, par cet aveu que j’ai dérobé les vases d’or des Égyp-tiens, pour en former à mon Dieu un tabernacle, loin des confins del’Egypte . Si vous me pardonnez, je m’en réjouirai; si vous m’en faites unreproche, je le supporterai. Le sort en est jeté, j'écris mon livre; il seralu par l’âge présent ou par la postérité, peu importe; il pourra attendreson lec teur ; Dieu n'a^t-il pas attendu six mille ans un contemplateur deses œuvres ! »
Ce lecteur, en effet, se fit longtemps attendre, mais enfin ilparut. Il s’appelaitIsaac Newton.