Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
88
JPEG-Download
 

88

SAVANTS 1)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

dans la fabrication des mondes. Placé à un point de vue tout àfait opposé à celui se trouvait Keppler, Galilée rejetait saméthode et ses théories. Malgré cela, Keppler y resta toujoursattaché, et vingt-cinq ans après la première édition du ATyste-rium cosmographicum, lorsquil fit réimprimer cet ouvrage à lasuite des Harmonices mundi , il ny changea pas un mot. Onvoit seulement dans les notes quil y ajouta, et dans ses pré-faces, quil est tout disposé à se passer des suffrages de ses con-temporains.

On lui reproche davoir fait, moyennant salaire, des prédic-tions astrologiques. Mais il est bon d'ajouter que, presque tou-jours, il accompagnait ses horoscopes dune sorte de protesta-tion contre la crédulité de ses clients. Il leur disait, comme ledevin Tiresias à Ulysse : * Quidquid dicam, aut erit, aut non.Ce que je dis arrivera ou ri arrivera pas. » Ce qui nempêchaitpas les amateurs de courir après des oracles si peu garantis.

Il est une page sublime de Keppler , cest celle qui termineses Harmonices mundi . Ecoutez ces magnifiques accents, dignesdêtre aussi immortels que ses découvertes :

, « Depuis huit mois, jai vu le premier rayon de lumière; depuis troismois, jai vu le jour; enfin, depuis peu de jours, jai vu le soleil de laplus admirable contemplation. Je me livre à mon enthousiasme, je veuxbraver les mortels, par cet aveu que jai dérobé les vases dor des Égyp-tiens, pour en former à mon Dieu un tabernacle, loin des confins delEgypte . Si vous me pardonnez, je men réjouirai; si vous men faites unreproche, je le supporterai. Le sort en est jeté, j'écris mon livre; il seralu par lâge présent ou par la postérité, peu importe; il pourra attendreson lec teur ; Dieu n'a^t-il pas attendu six mille ans un contemplateur deses œuvres ! »

Ce lecteur, en effet, se fit longtemps attendre, mais enfin ilparut. Il sappelaitIsaac Newton.