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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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GALILÉE

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Lorsque Galilée découvrit lisochronisme des oscillations dupendule, il était encore presque entièrement étranger aux ma-thématiques. Il avait, à la vérité, exprimé le désir détudier unpeu la géométrie, pour être à même de se rendre compte desprincipes généraux qui servent de fondement à la musique et àla perspective ; mais son père sy était opposé, dans la craintequen prenant trop de goût pour la géométrie, il ne finit parnégliger ses études médicales, les seules qui, selon toutes lesprobabilités du moment, pussent lui faire obtenir plus tard unrang distingué et une honnête aisance. Les mathématiques,alors en décadence manifeste, étaient peu estimées, parcequelles ne conduisaient à rien de pratique. Cétait à peine silon avait encore commencé à entrevoir lutilité de leur appli-cation aux lois de la nature.

Galilée ne résista pas longtemps au vif désir quil ressentaitdêtre initié à la géométrie. Suivant le témoignage de sonami et le plus ancien de ses biographes, Gherardini, il auraitsubitement déserté les cours de médecine de lUniversité de Pise , pour aller écouter les leçons de mathématiques que leprofesseur Ostilio Ricci donnait aux pages de la cour de Tos­ cane , pendant un séjour de cette cour à Pise (J). Mais bientôtil se livra ouvertement à ce genre détudes. Ce fut daprès lesconseils et sous la direction de ce même Ricci, quil se mit àétudier les Éléments dEuclide .

Son père simagina dabord que cette étude était moins untravail quun délassement, et quelle nenlèverait aucune desparties du temps que son fils devait consacrer à la médecine.Mais il reconnut bientôt son erreur. Galilée sétait peu à peupassionné pour Euclide , à ce point quHippocrate et Galien nefiguraient plus que pour la forme sur sa table détudiant. Ou-verts au hasard, ces livres ne servaient quà cacher, pour lecas son père arriverait à limproviste, le volume dEuclide ,devenu presque lunique objet de ses études.

Pour obliger son fils à renoncer à la géométrie, Vincentessa} r a de tous les moyens qui étaient en son pouvoir; il allajusquà prier Ricci dimaginer une excuse pour cesser lesleçons quil donnait à son fils. Mais rien ne pouvant prévaloir

(I) Nelli, Vila di Galileo, in-1', Los:inna , 1793, t. I.