l’air, et construisit ainsi le thermomètre dont il fit usage dans ses expé-riences à l'Académie del Cimento.
« Restaient à déterminer exactement des points fixes pour les deuxextrêmes de l'échelle, l'eau bouillante et la glace, ce qui fut l’œuvre deRobert Boyle et de Halley. »
On a élevé des doutes sur l’authenticité d'un traité de sphèrequi porte le nom de Galilée , et qui a été conçu d’après le sys-tème de Ptolémée . Si Galilée en est ■véritablement l’auteur, ildut le composer lorsqu’il professait à Padoue , et cela n’auraitrien de bien étonnant, puisque Galilée avoue lui-même qu’àPadou e, par égard pour les préjugés populaires, il enseigna lesystème de Ptolémée . Dans une lettre datée de Padoue , qu’ilécrivait à Keppler en 1597, il le remercie d’abord de sonMystère cosmographique, qu’il a reçu. Il ajoute ensuite :
« Je n’ai encore lu cpie la préface de votre livre, et j’ai déjà saisi unaperçu de vos idées. J’éprouve une vive joie en rencontrant, dans la re-cherche de la vérité, un aussi puissant coopérateur que vous, et, parconséquent, un pareil ami de la vérité elle-même. Il est déplorable qu’ily ait si peu de gens soucieux de la vérité et qui veuillent renoncer à lafausse voie où ils sont entrés. Comme le moment n’est pas convenablepour déplorer la triste situation où l’on se trouve dans le temps présent,je me borne ici à vous féliciter de vos belles découvertes, qui sont uneconfirmation de la vérité. Je vous promets de lire tout votre livre avecune entière impartialité, convaincu d’avance que j’y trouverai beaucoupà admirer. Et je vous lirai d'autant plus volontiers que depuis plusieursannées, je me suis converti aux opinions de Kopernik , dont la théorie m'afait comprendre bien des phénomènes qui, dans l’hypothèse contraire,sont tout à fait inexplicables. J’ai réuni un grand nombre d’argumentspour réfuter les opinions opposées, mais je n’ai pas encore osé les publierdans la crainte d’éprouver le même sort que notre maître Kopernik , qui,malgré la gloire immortelle qu’il a acquise dans l’esprit d’un petit nombrede personnes, n’en est pas moins, aux yeux de la grande majorité ( c’est-à-dire pour la totalité des sots), un objet de sarcasme et de risée. S’il y avaitbeaucoup d’hommes de votre mérite, je me hasarderais à publier mesconceptions. Mais puisqu’il n’en est pas ainsi, je prendrai mon tempspour le faire. »
A l’époque où Galilée écrivit cette lettre, il avait trente-troisans ; Keppler n’en avait que vingt-six. Ce fut alors que ces deuxgrands hommes se lièrent d’une amitié qui dura jusqu’à la mortde Keppler .
Galilée , comme nous l’avons dit, n’avait été nommé que pourdix ans à la chaire de mathématiques de Padoue . A l’expirationde cette période, il fut maintenu dans sa chaire, pour une égale