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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

grand duc régnant de Toscane , regrettait que Galilée eût aban-donné l'Université de Dise. Il aurait voulu le remettre en pos-session de la chaire quil y avait occupée dans sa jeunesse.Quelques extraits dune lettre de Galilée vont nous mettre aucourant, et des dispositions notre philosophe se trouvait àcet égard, et des avantages quil rencontrait à Padoue .

« Je ne vous cacherai pas, écrivait-il à son correspondant, quaprèsavoir employé vingt années, les meilleures de ma vie, à mettre au ser-vice de quiconque sadressait à moi les faibles talents que Dieu a bienvoulu accorder à mon application et à mon assiduité dans la professionque j'ai embrassée, l'objet de mes vœux serait dobtenir le repos et laliberté qui me sont nécessaires pour terminer et publier, avant que letombeau souvre devant moi, trois grands ouvrages que jai en porte-feuille. Ils pourraient me valoir quelque réputation, ainsi quà ceux quimauraient aidé dans cette entreprise, et par, je rendrais aux étudiantsde plut grands services quil me sera possible de le faire personnellementet dune autre manière jusqu'à la fin de mes jours. Tant que je serai forcéde soutenir ma famille par mes leçons publiques et privées, il est peuprobable que je pourrai trouver ailleurs plus de loisir que je nen ai ici.Dun autre coté, il me répugnerait, pour des motifs quil serait trop longdénumérer, de professer dans toute autre ville que celle je suis fixé(Padoue ). Et cependant je ne jouis pas ici d'une liberté suffisante, parceque, sur la demande du premier venu, je suis souvent obligé de lui con-sacrer mes heures les plus précieuses. Ma rétribution annuelle est de520 florins^ que je suis presque sûr de voir porter au double lors de maréélection, et, en recevant des élèves chez moi, je puis augmenter tantque je le veux ces avantages pécuniaires. Mais les leçons particulièresétant un grand obstacle à mes travaux, je désirerais, si je dois retournerdans mon pays natal, que la première mesure de Son Altesse royale fût demaccorder tout le loisir dont j'ai besoin pour terminer mes ouvrages, sansêtre obligé de moccuper de leçons; je voudrais enfin gagner ma vie pardes écrits que je dédierai toujours à mon maître Sérénissime. Les ou-vrages que jai à finir sont principalement : 1° Deux livres sur le systèmeou la construction de ïunivers, travail immense, rempli de philosophie,dastronomie et de géométrie ; 2 U trois livres sur le mouvement local,science entièrement nouvelle, jusquici nul auteur, ancien ou moderne,nayant découvert aucun des cas admirables et nombreux que je démontredans les mouvements naturels et violents, ce qui me donne tous lesdroits de lappeler une science nouvelle et de mon invention jusque dansses principes constitutifs; 3° trois livres sur la mécanique, dont deuxpour la démonstration des principes et un pour les problèmes. Bien quedautres auteurs aient traité la même matière, il nen est pas moins vraique tout ce qui a été écrit jusquici ne ferait pas le quart de ce que jaicomposé sur le même sujet. Jai aussi différents traités sur la physique,sur le son H la voix, sur la lumière et les couleurs, sur les marées, sur lacomposition des quantités continues, sur les mouvements des animaux. Jeme propose décrire aussi quelques lignes sur lart militaire, je don-nerai, non-seulement le modèle du soldat, en lui apprenant les règles ri-goureuses de tout ce qu'il est de son devoir de connaître en mathéma-