110
SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
nut le premier le phénomène de la Vibration , qui consiste endes mouvements périodiques d’oscillation du globe lunaire, in-diqués par des taches très-voisines des bords du disque, les-quelles paraissent et disparaissent successivement.
La vue des océans, des continents, des montagnes, des val-lées que Galilée crut distinguer dans la lune, et dont une partielui parut présenter l’aspectde laBoliême (reÿio consimilisBoemiœ,dit-il), lui suggéra l’idée que ce globe est habité. Il reconnutque les lunettes ne grossissent pas les étoiles fixes, que la voielactée est un amas, ou, comme dit Milton, une poussière d’é-toiles. Le 7 janvier 1610, il découvrit trois satellites de Jujnter,et'six jours après, il en observa un quatrième. Il donna auxsatellites de Jupiter le nom d ’Astres des Médicis. Bientôt ilparvint à déterminer leurs orbites et les temps de leurs révolu-tions. L’analogie qu’il remarqua entre les lunes de Jupiter et lesatellite de la terre, lui parut être un nouvel argument enfaveur du système de Kopernik . Il conçut enfin l’idée de faireservir les éclipses des satellites de Jupiter à la déterminationdes latitudes en mer, problème d’une très-haute importancepour la navigation.
On contesta d’abord à Galilée , non-seulement ces brillantesdécouvertes, mais même ’a gloire d’avoir construit, sans modèle,le premier télescope. 11 ne sera donc pas inutile de jeter uncoup d’œil sur l’histoire de l’invention du télescope, ou lunetteastronomique.
On connaissait, de temps immémorial, les propriétés desverres convexes et des verres concaves, et Porta, qui vivaitavant Galilée , avait dit :
« Avec un verre concave, on verra les objets éloignés plus petits, maisdistincts ; avec un verre convexe, les objets rapprochés paraîtront plusgrands, mais confus. Si vous savez les combiner d’une manière conve-nable l’un avec l’autre, vous verrez les objets tant voisins qu’éloignésplus grands et plus clairs. »
Le célèbre archevêque de Spalatro, Antonio de Dominis,approcha beaucoup aussi de l’idée de la lunette astronomique,mais il ne la réalisa pas. Nous avons dit, dans le volume précé-dent de cet ouvrage, que Dominis fut empoisonné à Rome , dansles cachots de l’inquisition, en 1624, et qu’ensuite on fit brûler