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après l’avoir achevé. Pendant un mois, tous les principauxpersonnages de Venise se rendirent en foule chez Galilée , pouradmirer l'aspect merveilleux du ciel contemplé à l’aide de cetinstrument. Le doge, Léonard Donati, après avoir vu de sespropres yeux, fit savoir indirectement à Galilée que, si cetadmirable instrument était offert à la république, le Sénat semontrerait fier d’un tel hommage. Galilée se hâta donc deprésenter son télescope au Sénat .
Dans une réception solennelle, il offrit sa lunette au doge.Entouré des principaux membres du gouvernement, et se pla-çant devant le palais ducal, en face de la lagune, il se plut àmontrer lui-même à leurs yeux le spectacle nouveau desphénomènes célestes qu’il avait découverts, grâce à cet instru-ment, et surtout les satellites de Jupiter.
Il fut récompensé de cet hommage par un décret du Sénat qui élevait à la somme de mille florins son traitement annuel,et qui, en outre, le confirmait à vie dans sa chaire de Padoue .
Un auteur italien, Sisturi, parle d’un incident comique quiarriva à Galilée pendant son séjour à Venise . Il était monté surla tour de Saint-Marc, pour y jouir, en observant le ciel, d’uneentière tranquillité. Malheureusement, on l’aperçut au haut duclocher, et en peu d’instants il fut environné d’une foule decurieux, qui s’emparèrent, malgré lui, de son instrument. Ils sele passèrent de main en main, pendant plusieurs heures, jus-qu’à ce que, la curiosité de tous étant satisfaite, ils permirentenfin à Galilée de reprendre sa lunette et de retourner chez lui.
Comme cette curiosité fatigante n’était pas de son goût,Galilée jugea convenable de quitter Venise le lendemain, etde chercher dans les environs un lieu paisible, où il put conti-nuer ses observations, sans avoir à craindre d’être interrompupar une foule indiscrète.
, Peu de temps après, c’est-à-dire en 1612, Galilée inventa le-^microscope, appareil construit sur les mêmes principes optiquesque le télescope. Il présenta cet instrument au roi de Pologne ,Sigismond. Mais le perfectionnement et l’emploi du télescopeétaient toujours ce qui l’occupait le plus, et le microscopedemeura longtemps encore fort imparfait dans ses mains. Douzeans après, en 1624, il écrivait au prince Cesi, qu’il avait différéde lui envoyer le microscope dont il décrivait l’usage, parce
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T. IV.