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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
îles marques (le sa qualité, dont il n'était point libre alors à un gentil-homme de se dispenser (1). »
Il ne fut pourtant pas aussi facile à Descartes de se créer desloisirs dans la solitude qu’à l’époque de son premier séjour àParis , au sortir du collège de La Flèche. Quelques-uns de sesbons amis, entre autres le P. Mersenne etMydorge, conseillerau Châtelet de Paris, et devenu un des plus habiles géomètresde son temps, l’avaient rendu célèbre malgré lui, et avaient tel-lement étendu sa réputation, que tous les hommes savants etbeaucoup d’autres, aspiraient à le connaître personnellement.Accablé de leurs visites, il aurait pu, devançant de dix ans leCid de Corneille , s’écrier, avec plus d’ennui que de vanité .
C’est un fardeau pesant qu’un nom trop tôt fameux!
En peu de temps, le petit logement qu’il habitait rue duFour-Saint-Germain, à l’enseigne des Trois Chapelets, devintle centre d’une véritable réunion académique, à une époque oùles académies n’étaient encore connues que de nom, en France .
Il devenait pourtant indispensable de distinguer entre lessimples curieux, dont le nombre allait se multipliant chaquejour, et les hommes d’un vrai mérite. C’est un triage que Des-cartes sut faire avec beaucoup de discernement et de sévérité,guidé par son propre jugement et par les indications précieusesde ses deux amis Mersenne et Mydorge .
Parmi ces élus, qui devinrent eux-mêmes des amis pourDescartes , et dans certaines parties de son œuvre, de zéléscollaborateurs, nous nommerons Hardi, conseiller au Châtelet,homme très-versé dans la connaissance des langues orientales,et qui avait pris rang parmi les meilleurs géomètres, par uneédition des questions d’Euclide , texte grec, avec les commen-taires du philosophe Marin, un des disciples de Proclus ; — unconseiller au présidial de Blois, nommé de Beaudre, que Des-cartes signale, dans plusieurs de ses lettres, comme un des plusprofonds mathématiciens de l’époque; —Morin, à la fois docteuren médecine et professeur royal de mathématiques au Collègede France , qui rivalisa de zèle et de désintéressement avec le
'1) Vie de M. Descartes , liv. II, chap. 9.