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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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hollandais de ses amis écrivît une introduction à ses trois livresde géométrie, pour en mettre lintelligence à la portée ducommun des lecteurs ; ouvrage si excellent dans sa brièveté,que Descartes passa quelque temps pour en être lauteur.Bientôt après, un géomètre, nommé Bertholin, composa, de safaçon, une nouvelle introduction plus étendue au même traité.Cest un véritable commentaire dans lequel on sapplique surtoutà aplanir les difficultés résultant de lapplication, alors toutenouvelle, de lalgèbre à la géométrie.

Cette application de l'algèbre à la géométrie est ce qui con-stitue la grande valeur de lœuvre de Descartes ; elle réaliseun de ces progrès quon appelle très-justement une révolutiondans la science. Il y avait longtemps que lalgèbre, apportéeen Espagne par les Arabes , et cultivée après eux par les Ita-liens, était connue dans les écoles. Elle avait été agrandie parle géomètre français , Viète , le plus illustre prédécesseur deDescartes dans cette science. Quelques Anglais avaient fait éga-lement des découvertes importantes en algèbre ; mais cest dela main de Descartes quelle devait recevoir une force nouvelleet une portée scientifique illimitée.

Nous avons déjà dit que Descartes avait simplifié le méca-nisme algébrique en diminuant le nombre des signes, et enintroduisant les exposants, au moyen desquels des chiffresordinaires suffisent pour représenter les diverses puissancesdes quantités de toute nature. Ce progrès, tout importantquil fût, nétait pourtant quune amélioration préparatoire.Bientôt le mathématicien philosophe va sélancer plus hautet plus loin. Grâce à un long travail solitaire sur les mé-thodes de lanalyse pure, il découvre sa fameuse méthodedes indéterminées, route singulière et singulièrement admi-rable, dans laquelle, ainsi quon la dit, « lart conduit par legénie, surprend la vérité, en paraissant séloigner delle. »Descartes apprend à connaître, par la combinaison successivedes signes, le nombre et la nature des racines dans chaqueéquation. A la méthode dApollonius et dArchimède , qui étaitrestée celle de tous les anciens géomètres, et lesprit nepouvait marcher que lentement, consumé par le détail dopéra-tions démesurément compliquées, il substitue une méthodeplus rapide, par laquelle lesprit du géomètre peut sélever assez