FRANÇOIS BACON
O
L’amour-propre britannique a enflé outre mesure l’impor-tance de Bacon , comme réformateur des sciences. Le désirqu’éprouvaient les écrivains anglais , de créer une personnalitéimportante, à opposer à celles de Descartes et de Galilée , aprovoqué l’exagération des éloges accordés par eux à l’auteur duNotnm organwm. Les savants du reste de l’Europe sont inno-cemment entrés dans ces vues : ils ont adopté, sans y regarderdavantage, une renommée factice. Ainsi se sont perpétués desjugements sans fondement sérieux. Il est des écoles, la Facultéde médecine de Montpellier, par exemple, ou l’on ne jure que parBacon , et où ce personnage est devenu une sorte de fétichescientifique.
Ce n’est point, comme on l’a dit tant de fois, le chancelierBacon qui fut, dans les temps modernes, le premier réforma-teur de la philosophie naturelle et qui inaugura, au dix-sep-tième siècle, l’ère du renouvellement des sciences. LorsqueFrançois Bacon publia, en 1620, son Novum orgamm, Galilée avait déjà découvert les lois de la chute des corps, observél’isochronisme des oscillations du pendule, inventé le thermo-mètre et le compas de proportion, publié le Discours sur lescorps flottants et la description des taches solaires, découvertles phases de Vénus et les satellites de Jupiter, et posé lesbases de la mécanique. La publication du premier ouvrage phi-losophique de Bacon , Traite de Vaccroissement des sciences ,date que de 1605.