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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON

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se plie néanmoins à tous les caprices du pouvoir royal, et s'enfait le séide, sans sinquiéter de contredire ses propres théoriessur le droit. Aujourdhui orateur adoré de lopposition parle-mentaire, demain courtisan soumis et docile vis-à-vis de ceuxqu'il vient dattaquer ; hier à lapogée de sa gloire, investi desfonctions les plus élevées dans la hiérarchie publique de sonpays, aujourdhui exilé dans un coin de lAngleterre, et cher-chant une gloire plus durable dans létude des secrets de lanature ; voilà comment se montre à nous, dans les différentesphases de sa vie, le chancelier Bacon .

Cette versatilité de caractère, cette inconstance desprit etde sentiments, devaient lui faire, de son vivant, autant den-nemis que dadmirateurs, lui valoir des attaques aussi bien quedes faveurs. Aussi les opinions de ses contemporains étaient-elles fort partagées sur son compte, et était-il jugé de bien desmanières. On peut dire de lui quil ne se lit jamais ni craindreni mépriser, et quil tint le milieu entre le respect public et ladéconsidération.

Peu dhommes ont été jugés de tant de manières differentes,par leurs contemporains et par la postérité. Si William Rawley ,son secrétaire et son premier biographe, ne tarit pas d'élogessur le grand caractère et sur le génie de son ancien maître, etsi sir John Ambrey, son contemporain, nous ditque tout ce quiétait grand et bon laimait et l'honorait, dun autre côté, sirAnthony Weleen déclare qu'il na été possible quà un siècleindigne et corrompu de juger cet insigne drôle (arrant Knave)digne dun poste aussi honorable que celui de garde des sceaux.Le poète Cowley salue en lui le Moïse nouveau qui conduit leshommes vers la terre promise de la sagesse. Bayle le place aurang des plus grands esprits de son siècle. Leibnitz déclare« que cest lincomparable Vérulam qui, des divagationsaériennes, rappela la philosophie sur cette terre noussommes, et à lutilité de la vie, » et il lappelle Yir ditini in-genïi (homme an génie divin). Pope, dans un de ses poëmes,appelle Bacon - le plus sage, le plus brillant et 1 e plus vil deshommes , » trois hyperboles qui se détruisent les unes lesautres, par leur propre exagération. Voltaire , en parlant deBacon , lui applique le mot de Bolingbroke sur Marlborough :« Cest un si grand homme que jai oublié ses vices, » et dun