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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON 257

Pour donner une idée de ce qu’était François Bacon, commeorateur, il nous suffira de citer l’opinion de deux de ses con-temporains. Voici d’abord comment s’exprime, à ce sujet, lecélèbre Ben Johnson : « Lorsqu’il veut bien renoncer à laraillerie, dit cet historien, personne n’atteint à la gravité desa parole, et les auditeurs n’ont qu’une crainte, c'est de levoir se taire trop tôt. » Sir Walter Raleigh , lorsqu’il compareBacon à d’autres orateurs du parlement, dit qu’il ne mérite pasmoins d'admiration comme orateur que comme écrivain.

Les velléités d’opposition de Bacon lui valurent de sérieusesremontrances de la part de son cousin, sir Robert Ceril ; et ildut à un reste de bienveillance que lui gardait la reine, de nepas être envoyé à la prison du Tower. Seulement on lui fit savoirqu’il ne devait plus compter désormais sur l’appui de la cou-ronne.

Notre député des communes, qui avait espéré se faire craindredu gouvernement et obtenir par l’intimidation ce qu’on refusaità la prière, comprit alors l’imprudence de sa conduite. Il semit à poursuivre les ministres des assurances de son dévoue-ment, de ses excuses et des plus humbles sollicitations. Malheu-reusement, il avait excité contre lui le grand trésorier, et celadans un moment où il avait le plus besoin de lui. L’emploi desollicitor general était encore une fois vacant, car son rival,Edouard Coke, qui lui avait été préféré pour ce même poste,venait d’être élevé à la dignité d 'attorney general (procureurgénéral). Bacon ne pouvait plus compter sur son oncle, le vieuxBurleigh, pour le recommander; il demanda, pourtant de nou-veau la place, objet de tous ses désirs.

Il espérait beaucoup d’un protecteur nouveau qu’il s'était fait,le comte d’Essex, le dernier favori de la reine. L’aimable et spi-rituel comte d’Essex, entraîné comme toujours par la vivacitéde ses sentiments chevaleresques, avait conçu pour Bacon unetrès-vive amitié, et il paraissait d’autant plus disposé à user deson influence en sa faveur, que celui-ci avait été jusque là haïde Burleigh, son rival, dans sa lutte pour la suprématie poli-tique.

Le zèle dont le comte d’Essex fit preuve dans cette affaire,eut pour résultat de retarder de plusieurs mois la décisionde la reine. Bacon ne restait pas, d’ailleurs, lui-même inactif.

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T. IV.