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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIÈCLE
Bacon se mit clans les bonnes grâces de Jacques I er , en ca-ressant son projet de réunir les royaumes d’Écosse et d’Angle-terre. Trois ans après, il atteignit le but de tous ses vœux : ilobtint la place de sollicitor general, devenue vacante, par suitede la nomination de son ennemi, Coke, à la dignité de premierjuge de la cour des plaids.
Bacon se montra digne de cette position. Ses conclusionsmotivées lui valurent tant d’éloges, quelles furent réunies etpubliées. En dehors de ses occupations juridiques, il fut con-sulté sur l’administration de l’Ecosse , sur un projet de codepénal, sur les moyens d’empêcher l’exportation de l’argent,et sur une foule d’autres affaires de la même importance. Il dé-fendait, dans la Chambre des communes, les prétentions de lacour, et cherchait à faire accorder les contributions que leroi demandait. Malgré son zèle pour les intérêts du roi, il sutconserver la confiance de la chambre et celle de ses électeurs;de sorte qu’il fut plus d’une fois chargé de présenter au roiles réclamations et les plaintes du Parlement. Il se tira de cesmissions avec tant de bonheur, qu’il satisfit ses commettants,sans déplaire au roi, Il fut nommé, en 1613, attorney (procu-reur) general, et, contre l’usage traditionnel, la chambre luipermit de conserver son siège de député à la chambre descommunes.
Dans cette nouvelle position, Bacon fut assez heureux pourrendre au roi un service personnel important. Robert Carr , fa-vori de Jacques I er , qui l’avait fait duc de Somerset , était tombeen disgrâce, et était même accusé d'un empoisonnement. Le roidésirait le voir condamner; mais il craignait, en même temps,certaines révélations qu’il pourrait faire. Bacon sut si bienconduire l’instruction, que les coupables furent atteints, sansqu’il transpirât rien de fâcheux de leurs dépositions. Somerset acheta sa vie par la promesse de se taire. Il fut relâché, aprèsquelques années de détention.
Cet exemple suffit pour faire deviner la nature des servicesqu’un juge tel que Bacon , devait rendre à un prince du carac-tère de Jacques I er .
Ce fut par son zèle que le célèbre Olivier Saint-John en-courut une condamnation à la prison, pour avoir contesté auroi le droit de lever des contributions dites volontaires. Le